Hommage au journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff, “une humanité positive face à la barbarie”

Afin d’honorer la mémoire de Frédéric Leclerc-Imhoff, Reporters sans frontières (RSF) a organisé, ce vendredi 10 juin, place de la République à Paris, un grand rassemblement avec sa famille, son partenaire, ses amis, ses collègues, ses confrères et tous ceux qui souhaitaient rendre hommage à ce “journaliste libre” et à la vocation qui donnait un sens à sa vie, le journalisme.

Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste de 32 ans, a été tué par un éclat d’obus en Ukraine le 30 mai, alors qu’il était dans un camion humanitaire pour remplir sa mission : filmer une opération d’évacuation de civils de la ligne de front à l’est vers des territoires plus sûrs. En d’autres termes, il a payé de sa vie son travail : nous informer, Il a payé de sa vie sa quête d’une information fiable, honnête, indépendante, vitale pour nos démocraties. 

RSF a appelé à un grand rassemblement qui a réuni des centaines de personnes à Paris, place de la République, avec sa famille, son compagnon Sam Cottet, ses amis, ses collègues de BFM TV, dont Maxime Brandstaetter, qui était avec lui en Ukraine, ses confrères et tous ceux qui souhaitaient honorer sa mémoire et l’engagement de Frédéric Leclerc-Imhoff pour “raconter le monde”, pour le droit à l’information et la liberté de la presse.

“Chaque journaliste assassiné, ou empêché de travailler, (...) c’est une part de notre liberté qui s’en va en fumée.”

“Nous sommes réunis pour rendre hommage à ce journaliste brillant, engagé, passionné, bienveillant. ‘Sa courte vie aura eu un sens’, m’a écrit sa mère Sylviane peu après sa mort. Nous sommes réunis ici pour célébrer ce sens, le sens d’un engagement professionnel, d’une vocation, celle de journaliste, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous sommes ici ensemble pour affirmer solennellement l’attachement que nous avons pour la liberté, pour la vérité des faits, pour le pluralisme, dans un moment de l’histoire où des régimes entendent instaurer un ordre mondial de la propagande.”

Dans un témoignage fort, Sylviane Leclerc-Imhoff, évoquant les reportages de son fils, a voulu partager les “valeurs dont il était pétri” et le sens de son engagement professionnel : “se servir de son objectif pour nous donner à voir la réalité en toute impartialité, nous permettre de comprendre au-delà des propagandes, dénoncer également l’horreur avec pudeur et retenue sans recherche de sensationnel.” (...) Cela pour “dresser un rempart d’humanité positive face à la barbarie”.

La mère de Frédéric a rappelé avec force l’importance de son métier de journaliste : “Au-delà de Fred, je veux vous crier haut et fort que chaque journaliste assassiné, ou empêché de travailler, quel que soit le pays dont il provient et quelle que soit la rédaction pour laquelle il travaille, c’est une part de notre liberté qui s’en va en fumée.”

“Nous pleurons un journaliste engagé, a déclaré Marc-Olivier Fogiel, directeur général de BFM TV. (...) Il a perdu sa vie dans une zone dangereuse, mais en ayant pesé tous les risques, ce n’était pas une tête brûlée. (...) En étant là, je voulais rappeler l’importance de couvrir ce conflit et remercier les équipes de BFM TV et les journalistes qui sont sur place de le faire au risque de leur vie.”

Frédéric Leclerc-Imhoff est le 8e journaliste à trouver la mort depuis le début de l’attaque russe en Ukraine, le 24 février 2022. Une guerre d’agression qui est aussi une véritable guerre contre l’information. Journalistes et médias ciblés par les tirs, enlèvements, séquestrations, menaces, torture, exécutions… RSF a recensé plus de 50 attaques qualifiables de crimes de guerre, visant les journalistes et les médias depuis le début du conflit, et a déposé une 5e plainte auprès du procureur de la Cour pénale internationale et de la procureure générale d’Ukraine. L’organisation multiplie les efforts pour assurer la meilleure protection possible et demande toute la transparence sur l’enquête sur la mort de Frédéric Leclerc-Imhoff.

Ce vibrant hommage s’est conclu au son de chants et d’applaudissements. Une minute d’applaudissements pour Frédéric Leclerc-Imhoff et pour le journalisme, dont la définition pourrait être une “humanité positive face à la barbarie” a rappelé Christophe Deloire.

 

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